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Présentation
du matériel végétal : pommier, poirier
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| Historique,
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La pomme
est cultivée en Europe et en Asie depuis les premiers temps,
étant connue par les grecs et les romains et mentionnée
par Théophraste trois siècles avant J.C. Des études
paléontologiques ont révélé la présence
du genre Malus à l'ère tertiaire (CHALLICE &
WESTWOOD, 1973). Les cultivars furent sélectionnés
et multipliés très tôt grâce au greffage
connu au moins depuis 2000 ans. Ensuite, la culture du pommier
s'est répandue dans toutes les parties du monde. Ce n'est
qu'avec KNIGH (1759-1835) que commence la création de nouvelles
variétés grâce à l'hybridation contrôlée
(BROWN, 1975).
Aujourd'hui
le pommier cultivé, très rustique, présente
une capacité d'adaptation très large. Le pommier
cultivé a été longtemps appelé Malus
pumila Mill., cette espèce est endémique de
la zone allant des Balkans au nord des montagnes de l'Altaï.
Il est toutefois vraisemblable que plusieurs espèces ont
contribué à son évolution dont Malus sylvestris
Mill., répandue à travers toute l'Europe et Malus
baccata Borkh. pour sa résistance au froid. Depuis
un demi-siècle, de nombreux travaux sont effectués
pour introduire par hybridation chez le pommier cultivé
des résistances aux maladies provenant de Malus floribunda
Sieb., M. micromalus Mak., M. prunifolia Borkh.,
M. antrosanguinea Schneid. et d'autres espèces ;
ceci a conduit KORBAN & SKIRVIN (1984) à dénommer
le pommier cultivé, Malus Xdomestica Borkh.
Pour plus
d'informations concernant l'amélioration et les méthodes
de sélections du pommier, consulter le chapitre de LESPINASSE
(1992).
En ce qui
concerne la poire, elle serait
apparue pendant la période tertiaire dans les régions
montagneuses de l'ouest de la Chine qui présente aujourd'hui
une extrême richesse de formes de Maloïdeae.
La culture du poirier en Chine remonte environ à 4000 ans.
La dispersion aurait suivi les chaînes de montagnes vers
l'est et vers l'ouest. La poire est maintenant cultivée
dans toutes les régions tempérées du monde.
Selon HEDRICK et al. (1921) les premiers rapports écrits
sur la culture de poirier en Europe sont ceux d'Homère
dans la Grèce antique, qui écrivait aux environs
de 1000 ans avant J.C. que "les poires étaient l'un
des dons des Dieux". Du temps de Théophraste, la culture
du poirier était déjà bien établie
en Grèce et des cultivars ayant des noms bien distincts
étaient propagés par greffage et bouturage. De nombreuses
espèces existent dans l'ancien continent mais trois semblent
être plus particulièrement les ancêtres de
nos espèces cultivées : Pyrus communis L.
existe à l'état sauvage dans toute l'Europe tempérée,
au Caucase et en Perse ; Pyrus nivalis Jacquin ou Poirier
Sauger, arbrisseau ou grand arbre, avec ou sans épine existe
spontanément en Asie Mineure, dans le Nord de l'Italie,
le centre de la France et l'Autriche ; Pyrus serotina Rehder
ou Pyrus sinensis, spontané en Chine occidentale
et centrale. On ne connaît pas de types de poiriers spontanés
en Amérique, toutes les espèces et variétés
y existant ont été introduites. Deux espèces
de poirier bien différentes sont actuellement cultivées
dans le monde : Pyrus communis L. en occident et P.
serotina (nashi) en Asie.
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| Botanique
générale |
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Classification
La pomme et
la poire appartiennent à des genres différents et
sont classés dans la sous famille des Maloïdeae
(autrefois Pomoïdeae) de la famille des Rosaceae. Cette sous-famille
se caractérise par des fruits ayant de 2 à 5 carpelles
enfermés dans un tissu charnu. Ces fruits constituent ce
que l'on appelle communément les fruits à pépins.
Pendant longtemps, les botanistes ont considéré
que le pommier constituait le sous-genre Malus au sein
du genre Pyrus, l'appellation botanique du pommier était
alors Pyrus malus. A l'heure actuelle, on admet que Pyrus
et Malus forment deux genres distincts bien que très
voisins. D'après REHDER (1956), la sous-famille des Maloïdeae
comprend 18 genres dont Malus, Pyrus et Cydonia
(cognassier). Le genre Malus comprend 25 à 30 espèces
et plusieurs sous-espèces, dont les pommiers sauvages ;
certains sont cultivés comme plantes ornementales pour
leur profusion de fleurs et leurs fruits attractifs. Le genre
Pyrus comprend plus de 20 espèces, toutes indigènes
de l'Europe et de l'Asie (REDHER, 1956).
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©
INRA
Malus Xdomestica Borkh.
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©
INRA
Pyrus communis Borkh.
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Biologie
florale
Les
fleurs de pommiers cultivés
varient considérablement en
taille, forme des pétales et
en couleur allant du blanc au rose
foncé,
contrairement à celles de poirier
qui sont toujours blanches (GAUTIER,
1988). Chez le pommier, les fleurs sont
produites
en même
temps que les feuilles et naissent en
corymbes avec de courts pédicelles.
Chez le poirier, les inflorescences
se présentent sous la
forme d'une grappe corymbiforme à floraison
centripète
possédant 5 à 15 fleurs.
Ces fleurs hermaphrodites sont constituées
de cinq sépales, de cinq pétales
et d'environ vingt étamines.
Les anthères sont jaunes
chez le pommier, rouges chez le poirier
et le pistil est formé
de cinq styles, soudés à la
base chez le pommier, libres chez le
poirier. L'ovaire contient 5 loges carpellaires
bi-ovulées.
Il existe quelques variétés
de pommier possédant
jusqu'à vingt pépins (SIMMONS,
1974). Les variétés
cultivées de pommiers et des poiriers
demandent une pollinisation croisée.
Dans les vergers, la pollinisation est
principalement assurée par les
insectes, particulièrement les
abeilles.
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©
INRA
Inflorescences de Malus Xdomestica Borkh.
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INRA
Inflorescences de Pyrus communis Borkh.
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| Cytogénétique |
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La majorité
des pommiers et poiriers cultivés sont diploïdes (2n=2x=34).
Toute la tribu des Maloïdeae se caractérise par un
nombre de base de chromosomes élevé (x=17), comparé
aux trois autres tribus de la famille des Rosacées dont
le nombre de base est x= 7, 8, 9 pour les Rosoïdeae, les
Prunoïdeae et les Spiraeoïdeae respectivement. Ce nombre
de chromosomes égal à 17 a conduit à une
large discussion sur son origine. Plusieurs hypothèses
ont été émises sur l'origine auto- ou allopolyploïde
des Maloïdeae. Les chromosomes du pommier et du poirier sont
difficiles à distinguer du fait de leur petite taille :
0,5 à 1,5 µm (LESPINASSE & SALESSES, 1973). Néanmoins
leur caryotype a pu être réalisé grâce
à l'utilisation des haploïdes dont le nombre de bases
de 17 facilite leur observation (BOUVIER et al., 2000b).
L'analyse montre que la taille des chromosomes varie entre 1.5
et 3.5µm selon les étalements. Ils ont pu être
classés selon le paramètre Lr (DOSBA & CAUDERON,
1973). Le chromosome 1 présente toujours un satellite dont
la taille est trop petite pour être mesurée. Un autre
satellite sur le chromosome 14 est aussi parfois visible. Les
chromosomes sont ainsi répartis : 11 sont submétacentriques
et 6 sont métacentriques (selon la terminologie de LEVAN
et al. 1964).
Le pommier
et le poirier ne représentent pas un matériel génétique
facile à étudier : la place prise par chaque individu,
la lenteur du cycle reproductif (période juvénile
de 5 à 7 ans pour le pommier et de 6 à 8 ans pour
le poirier), l'autostérilité presque générale
sont autant de facteurs défavorables à la connaissance
génétique de ces espèces.
La plupart des caractères agronomiques ont montré
chez les descendants une variation continue permettant de conclure
à une hérédité polygéniques
(BROWN, 1975) . Les ségrégations observées
sur plusieurs descendances mettent en évidence une hérédité
disomique bigénique ainsi que quelques cas d'hétérozygotie
fixée. Ces espèces peuvent donc être considérées
comme des polyploïdes secondaires à comportement disomique
(CHEVREAU et al., 1985 ; CHEVREAU & LAURENS, 1987 ;
CHALLICE, 1981)
Idiogramme
de Malus Xdomestica Borkh (Bouvier
et al., 1999, 2000b)

Bibliographie

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