Les maladies de dégénerescence des arbres fruitiers à pépins (pommiers, poiriers)
Maladies à virus, viroïdes, phytoplasmes

Page d'accueil

Introduction

Fiches descriptives

INTRODUCTION


Les agents infectieux

A l'heure actuelle ils sont au nombre de trois :

  • les viroïdes
  • les virus
  • les phytoplasmes (ex : Mycoplasma Like Organism , MLO ou mycoplasmes)

>> Les viroïdes

Ils sont constitués d'un acide ribonucléique ou ARN. Ce sont des parasites cellulaires obligatoires insensibles aux antibiotiques et très thermostables.

>> Les virus

Ils sont en général constitués d'un acide ribonucléique (ARN) et d'une enveloppe protéinique appelée 'capside' ou 'coque'. Ce sont des parasites cellulaires obligatoires insensibles aux antibiotiques et sensibles à la chaleur.

>> Les phytoplasmes

Ce sont des mollicutes sans paroi entourés d'une simple membrane. Ce ne sont pas des parasites cellulaires obligatoires. Ils se multiplient dans les vaisseaux criblés. Ils sont véhiculés par la sève. Ils sont sensibles à la chaleur et aux antibiotiques. Ils semblent assez spécifiques à une espèce.

A ces agents infectieux il faut ajouter des 'agents indéterminés' qui produisent des symptômes qui se transmettent de plante à plante, qui sont sensibles à la chaleur et dont le comportement est voisin des virus.


Méthodes de détection

>>Méthodes biologiques sur plantes test ou indexage

Ces tests sont réalisés en pépinières ou en serres. Cela consiste à partir d'un arbre présentant ou non des symptôme de greffer un œil ou un lambeau d'écorce (inoculum) sur une plante ligneuse saine et sensible à une ou plusieurs maladies (plante indicatrice ou indicateur). Cette technique, la plus ancienne, est la plus fiable, mais a une durée de réponse assez longue (1 à 2 mois en serre, 1 an en pépinière,, plus pour l'expression des symptômes sur fruits).
Après broyage de feuilles ou de fleurs dans une solution tampon des tests peuvent être réalisés sur des plantes herbacées (Chénopodes, tabac…).

>> Méthodes immunologiques

Elles reposent sur les propriétés antigéniques des protéines virales et utilisent les réactions anticorps / antigènes . Réponse rapide souvent aléatoire et plus ou moins fiable. S'utilise pour la détection des virus. - tests de précipitation et d' immunodiffusion - tests ELISA, (Enzyme Linked Immuno Sorbent Assay)

>> Électrophorèse sur gel de polycrylamine

Consiste à faire passer un courant électrique dans un gel de polycrylamine après avoir déposer dans des petits puits des extrais d'acides nucléiques et de révéler la migration de ces acides par un éclairage ultra-violet. Utilisable pour la détection des viroïdes mais peu applicable en examen de routine

>> L'hybridation moléculaire

Principe basé sur la formation d'une molécule d'acide nucléique double brin obtenue par hybridation entre une molécule représentée par un fragment de la séquence du génome viral (cible) et un molécule sonde constitué par un acide nucléique complémentaire de cette séquence dont la mise en évidence est assuré soit par un marquage radioactif de la sonde soit par un marqueur froid. Cette technique est utilisable pour l'identification d'une maladie à viroïde du pommier.

>> Amplification de gène par 'Polymerase Chain Reaction (PCR)

Basé sur une réaction enzymatique permettant de multiplier les fragments d'ADN de façon exponentielle, à partir d'amorce d'ADN complémentaire de celui recherché. Technique utilisée pour la détection des virus, viroïdes et phytoplasmes mais qui pour l'heure est encore peu fiable.

>> Méthodes optiques

Outre la microscopie électronique il est possible d'utiliser la microscopie à fluorescence pour observer la présence des mycoplasmes dans les vaisseaux criblés. Le fluorochrome le plus utilisé est le 4-6 DiAmidino-2 PhenylIndol ou DAPI.


Mode de transmission

Ces maladies du pommier et du poirier sont transmissibles en général par la multiplication végétative (greffage, bouturage, marcottage, surgreffage, greffes de racines…)
Cependant une maladie à virus est aussi transmissible par le pollen (Apple mosaic virus) et les maladies à phytoplasmes par des insectes piqueurs tel que les cicadelles pour les maladies du pommier et les psylles pour les maladies du poirier.


Moyens de lutte

Les arbres contaminés par des maladies de dégénérescence sont incurables

La lutte passe par une lutte préventive qui est basée sur

  • la sélection visuelle ou après indexage
  • la multiplication par filiation à partir d'un arbre repéré sain
  • la diffusion de matériel sous contrôle

Moyens de guérison

Ils ne peuvent pas guérir la plante entière mais permettent, à partir d'explants, la régénération de nouvelles plantes débarrassées des agents infectieux par les moyens suivants :

>> La thermothérapie

Utilisable pour éliminer les virus et les phytoplasmes mais plus difficilement les viroïdes. Cette technique consiste à placer des arbres malades dans des enceintes climatisées dont la température est maintenue entre 37°- 38°C pendant une période plus ou moins longue (15 à 45 jours) et à récupérer des explants le plus petits possibles. Ces explants seront greffés soit sur des semis sains en serre soit sur du matériel élevé in vitro. Chaque plant obtenu sera indexé et les 'sains' seront multipliés pour un contrôle pomologique puis diffusé auprès des pépiniéristes.

>> La culture de méristème

Consiste à prélever des méristèmes à les élever in vitro. Cette technique peut être couplée avec la thermothérapie. Elle peut être utilisable pour la guérison de matériel contaminé par des viroïdes. D'autres méthodes existent tel que la chimiothérapie (interdit par la législation française ) pour diminuer l'impact des phytoplasmes, la protection croisée ou la création de variétés résistantes. Cependant ces techniques ne sont pas en usage pour la guérison des pommiers et poiriers.

Réalisation : J. Lemoine et MH Cathala
Dernière mise à jour de la page : 4 octobre, 2006